une nouvelle rubrique avec Rémy CAZALS

Comme le proposent d’autres supports, ce blog inaugure une rubrique avec notre ami contributeur Rémy CAZALS , qui proposera chaque mois un article développant la vie de Jean Jaurès, une opinion, un avis, un paradoxe et une rétro-prospective sur des enjeux susceptibles d’intéresser notre association et les lecteurs de ce blog.

A priori les articles de cette rubrique devraient avoir pour objectifs soit de lancer une réflexion, voire un débat, soit d’y ouvrir de nouveaux champs de recherche avec vous tous qui régulièrement consultez ce site.

Vos réponses, vos opinions devront être clairement argumentées, construits avec rigueur, et feront l’objet d’une évaluation normale. Les évaluateurs et le comité de rédaction veilleront à maintenir un niveau d’exigence élevée pour les réponses et commentaires qui seront censés répondre à l’article de Rémy Cazals avec clarté, dans un cadre intellectuel rigoureux, en développant l’argumentation retenue, en décrivant les implications et les éventuelles évidences empiriques

à vos plumes !

Commémoration de la mort de Jean Jaurès à Toulouse

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Mot de René LLORET secrétaire général
de l’association  » Les Amis de Jaurès à Toulouse »

 

Monsieur le Président du Conseil Départemental

Monsieur le Premier Secrétaire Fédéral du Parti Socialiste

Mesdames et Messieurs les élus

Les Amis de Jean Jaurès à Toulouse vous remercient de les avoir conviés à cette commémoration.

Veuillez excuser notre Président Rémy Pech qui ne peut être des nôtres puisqu’absent de Toulouse.

Au nom du Bureau, du Conseil d’Administration de l’association « Les Amis de Jean Jaurès à Toulouse », je peux vous dire combien cet instant de mémoire revêt une double dimension :

Tout d’abord notre pensée se tourne vers Jean Jaurès, lâchement assassiné le 31 juillet 1914.

Ce grand homme nous parle, dans l’actualité cruelle que nous vivons, où les actes barbares touchent notre société démocratique, une société dont il faut préserver à tout prix la fraternité et l’intégrité.

Ensuite c’est avec une profonde émotion que nous avons une pensée toute particulière pour le Président Fondateur de notre association, Jean-Jacques Rouch, qui nous a quittés, il y a un peu plus d’un mois.

En ces temps troubles que notre pays traverse et où le monde est touché au plus profond de lui-même, nous réaffirmons notre lutte sans merci contre l’intolérance, contre le fanatisme, contre tout intégrisme d’où qu’il vienne.

Oui, les valeurs de Jean Jaurès, cet apôtre de la paix, prennent une réelle résonnance aujourd’hui.

Oui, nous continuerons à nous battre pour la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, la Laïcité.

Tel est le sens de notre existence et le sens que nous donnons à notre engagement associatif.

Nous sommes citoyens français,

Nous sommes citoyens européens,

Nous sommes citoyens du monde,

Alors, soyons, à la hauteur des enjeux et préparons une société plus juste, plus humaine, plus douce, pour toutes les générations futures.

Je vous remercie.

la journée du 31 juillet 1914 …

Très tôt le matin : Il se lève, prend peut-être son petit-déjeuner avec sa fille Madeleine, seule présente alors auprès de lui dans la villa de la Tour à Passy, puisque sa femme Louise et le jeune Louis leur fils (16 ans), ont déjà gagné la propriété de Bessoulet, où les Jaurès prennent leurs heureuses vacances depuis trois décennies.

Madeleine était très proche de lui : un ménage malheureux, un enfant handicapé (4 ans en 1914) mais malgré cela, une militante, qui figure à ses côtés sur les superbes photos du meeting pour la paix du 23 mais 1913 au Pré-Saint-Gervais. Nul doute qu’il s’entretient avec elle du sujet crucial : l’imminence de la guerre.

Toujours très tôt dans la journée : Arrive Lucien Lévy-Bruhl, l’un de ses amis les plus chers. Connu à l’ENS où il l’avait précédé, il a mené une très belle carrière de professeur de philosophe qui le conduit à la Sorbonne et à une notoriété comparable à celle d’un autre condisciple, Henri Bergson. Sans jamais s’engager à fond dans le militantisme politique, Lucien a été aux côtés de Jaurès dans les combats les plus durs : la réhabilitation de Dreyfus (1898-1906), et la création de l’Humanité en 1904, qu’il a en partie financée. C’est un grand intellectuel, bien informé de l’actualité, un ami sûr, capable d’encourager, mais aussi de critiquer et de suggérer.

Dans la matinée : Jaurès quitte son domicile pour se précipiter dans la mêlée politique. Il a eu l’impression, la veille, lors de son audience auprès du président du Conseil René Viviani, que celui-ci déployait une action efficace pour retenir la Russie. Il revenait tout juste d’une mission diplomatique conduite avec le président de la République Raymond Poincaré quelques jours. Jaurès veut empêcher la mobilisation générale de l’armée russe. Peine perdue : après divers simulacres de mobilisation partielle celle-ci est effective dès le matin du 31. En riposte, la mobilisation générale des armées allemandes, déjà en alerte depuis la veille, est inévitable.

Jaurès sait que les sociaux-démocrates allemands ne saboteront pas cet ordre de mobilisation. Mais il escompte du moins de leur part de grandes manifestations pour la paix, qu’il veut aussi organiser en France, en prélude au congrès de Paris de l’Internationale prévu pour le 9 août. Il attendra en vain Hermann Muller, délégué à cet effet, mais qui n’arrivera à Paris que le lendemain matin.

Dans l’immédiat, Jaurès s’emploie à agir sur le gouvernement français, dont il ne suspecte pas la bonne volonté mais dont il réalise la faiblesse.

Jaurès se rend à la Chambre, où il croise le ministre de l’Intérieur Louis-Jean Malvy, l’un des radicaux dont il était proche par le combat commun pour l’impôt sur le revenu. Il le met en garde contre la pression possible exercée sur le mouvement ouvrier par le «fichage» de plusieurs milliers de militants syndicalistes dans les «carnets B» et des menaces d’arrestations massives qui en découlent (Malvy laissera quelques jours après les listes de militants dans les tiroirs).

Dans l’après-midi : Jaurès, avec une délégation socialiste composée des députés Renaudel, Longuet, Cachin, Bracke et Bedouce se rend au Quai d’Orsay où siège Viviani, à la fois président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, pour une nouvelle entrevue qu’il espère décisive. Mais Viviani, qui est en conversation avec l’ambassadeur d’Allemagne Von Schoen, le renvoie à Abel Ferry, jeune sous-secrétaire d’État, qui reçoit la délégation à 17 h 30. Jaurès l’adjure d’obtenir de Viviani une pression sur la Russie pour qu’elle annule ou atténue la mobilisation de ses troupes. Il évoque aussi un arbitrage international qui pourrait être organisé par l’Angleterre, sur le mode d’une Conférence des pays en cause. Mais en dehors de bonnes paroles (Cachin écrira que Ferry regrette l’absence de Jaurès au sein du gouvernement), il n’obtient rien d’autre qu’une question sur l’attitude du parti socialiste en cas de déclenchement du conflit. À son refus d’interrompre la campagne contre la guerre, Ferry aurait répliqué, parole prémonitoire : «Vous n’oseriez pas car vous seriez tué au prochain coin de rue» (un autre témoignage, celui de Longuet, attribue à Jaurès lui-même cette sinistre perspective : «Nous continuerons, quand bien même nous serions abattus au premier coin de rue». Jaurès quitte sans espoir le ministère en lançant : «Vous êtes victimes d’Iswolsky (ambassadeur de Russie) et d’une intrigue russe. Nous allons vous dénoncer, ministres à la tête légère, dussions-nous être fusillés !».

Fin d’après-midi :

Jaurès a rejoint, vers 20 heures, rue Montmartre, son journal l’Humanité. Il ne cache pas à ses camarades son désespoir d’obtenir une action de paix du gouvernement. Le cabinet anglais tardant lui aussi à agir, il évoque un recours au président des États-Unis Woodrow Wilson, et réfléchit à un article mobilisateur, une sorte de J’accuse, dit-il à ses proches, pour fixer les responsabilités et en appeler à l’opinion publique. Et attend en vain Hermann Muller.

Soirée : À 21 heures, l’article restant en suspens, il descend avec treize de ses amis au tout proche café du Croissant. Renaudel méfiant, eût préféré le Coq d’Or, plus grand et facile à sécuriser, mais bruyant et trop fréquenté.

La petite équipe de l’Humanité (dont Renaudel, les frères Renoult, Duc-Quercy, Poisson, Longuet) auxquels se joint le député alsacien au Reichstag Georges Weil, s’installe sans aucune précaution. Jaurès est assis, derrière une fenêtre ouverte pour bénéficier d’un peu d’air en cette soirée étouffante. Il se détend tout en mangeant de bon appétit à son habitude. Il regarde avec bienveillance une photo d’enfant que lui présente un journaliste attablé à une table voisine, et entame la dégustation du dessert, une tarte aux fraises.

21 h 40 : Raoul Villain, depuis la rue, écarte un rideau et pointe son revolver fatal sur le crâne du grand leader et lâche deux coups, dont un en pleine tête. Malgré la présence d’un chirurgien brésilien réputé et l’acquisition (difficile) d’ampoules tonicardiaques chez un pharmacien voisin, la mort instantanée est constatée. L’homme de paix a cessé de vivre.

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Toulouse a rendu hommage à l’un de ses hommes politiques les plus engagés pour la paix et l’humanisme.

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Le 31 juillet 2016, Toulouse a rendu hommage à l’un de ses hommes politiques les plus engagés pour la paix et l’humanisme. En cette période marquée par la barbarie et les tragédies humaines, l’hommage à Jaurès est devenu un hommage à toutes les victimes du terrorisme. Président de l’association des Amis de Jean-Jaurès, Rémy Pech a été le premier à faire le lien entre des événements d’une inquiétante similitude. «Le 31 juillet 1914, Jaurès était assassiné. Le 26 juillet 2016, l’abbé Jacques Hamel a été assassiné», rappelle l’universitaire, président des Amis de Jean Jaurès. «C’était deux hommes de paix …

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Anniversaire de la mort de Jean Jaurès : une journée d’hommages

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Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné parce qu’il s’opposait à la guerre …

Le 31 juillet, Jean Jaurès tombait sous les balles de Raoul Villain. 102 ans après, jour pour jour, les socialistes de la Haute Garonne rendent un hommage solennel et unanime à la grande voix humaniste qui porte toujours le message de paix et de justice.

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Un hommage pluriel avec en toile de fond l’unanimité des socialistes autour du message humaniste et de la figure sans tache du tribun socialiste tarnais, élevé aujourd’hui au rang d’icône républicaine.

L’édito de La Dépêche du 2 août 1914 donne une première lecture de cette osmose entre un homme et un peuple en rendant hommage au «bon et vaillant lutteur qui luttant pour la République et la Démocratie, s’efforça toujours de servir l’idéal de la France»

L’abondance et la qualité de ses productions écrites révèlent une pensée généreuse féconde et résolument tournée vers le progrès. Chaque Français peut ainsi retrouver une part de lui-même, chaque citoyen du monde aussi car la pensée de Jaurès n’a pas de frontières.

Promenade dans le Carmausin , sur les pas de Jean Jaurès, le samedi 18 juin 2016

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A la veille des vacances d’été et avant d’interrompre pour 2 mois la tenue des cafés Jaurès , quoi de plus judicieux que d’organiser une sortie dans  » le pays  » du grand homme ?

C’est ainsi que notre association a proposé à ses adhérents une promenade dans le Carmausin , sur les pas de Jaurès, le samedi 18 juin 2016 .

Première étape de ce périple, le musée-mine de Cagnac où ils ont été accueillis par Véronique Malfettes, responsable des lieux, Guy Malaterre, maire de Pampelonne et Paul Quilès, ancien ministre .

Véronique, avec le talent qu’on lui connait a commenté la visite, leur faisant revivre le dur quotidien des mineurs. Au terme de cette visite, moment d’intense émotion lorsque a été dévoilé le masque mortuaire de Jean Jaurès .

Après un repas très convivial à l’hôtel des voyageurs à Tanus, visite à Pampelonne de la Remise de l’hôtel Malfettes dans laquelle le tribun a maintes fois harangué la population locale . Non loin de là, halte à l’Espace Jaurès, riche de nombreux objets et documents concernant le grand homme avant un dépôt de gerbe au pied de sa statue à Carmaux .

Une superbe journée faite de belles découvertes, de moments d’émotion et de fraternité dans la plus pure tradition Jauressienne.

Marie Claude PETERSEN

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Toulouse – Balade urbaine sur les traces de Jean Jaurès

Le rendez-vous a été pris quai de la Daurade devant l’Ecole des Beaux-Arts. Un bâtiment inauguré en 1889 par le président Sadi Carnot et Jean Jaurès qui disait alors «développer l’art à Toulouse c’est élever la civilisation dans tout le Midi».

L’association des Amis de Jean Jaurès à Toulouse présidée par Rémy Pech a lancé pour la première fois, une balade dans les lieux (21) chers à l’écrivain et homme politique. Le livre de Francis Pornon, Jaurès à Toulouse, lieux et mémoire a servi de fil rouge pour cette déambulation d’une heure trente …

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La place Salengro place fut fréquentée par deux hommes célèbres. Au n°1, la maison de Pierre-Paul Riquet, l’inventeur du Canal du Midi. Au n°20, la demeure de Jean Jaurès qui résida ici lorsqu’il était professeur à l’Université de Toulouse.

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