Arrêt sur images : retour sur le colloque du 22 juin 2019

1919 – 2019 :                                                                   finir la guerre construire la paix ?

« Les Amis de Jean Jaurès à Toulouse » ont répondu à l’invitation de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie  en tenant ce cinquième colloque, au sein de l’Hôtel de Région.

Ce colloque a été dédié à Jean-Jacques Rouch, Président Fondateur des « Amis de Jean Jaurès à Toulouse »

Cette journée fut d’une richesse historique et d’une vision  pour un avenir d’humanité que nous devons, sans cesse, nourrir…

Tel était le but de cette rencontre-débat, marquée par les absences de certains intervenants, excusés pour diverses raisons.

Que ces derniers soient excusés et remerciés.

Nadine Picaudou – Jean François Pérouse – Alexandre Sumpf –     Jean Numa Ducange – Bertrand Vayssière

Retour par images sur notre colloque :

Les mots de bienvenue :

René Lloret
Secrétaire Général AJJT
Bertrand Monthubert
Conseiller Régional
Délégué à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche


Rémy Pech
Président AJJT

                                             Séance du matin

Rémy Cazals
Président de séance

Proche Orient et Turquie :                                                         fin de l’Empire Ottoman

Martine Rey
« La fin de l’Empire Ottoman et ses prolongements actuels »

Rémy Pech
« Syrie, Liban, Palestine, une nouvelle donne »

Puissances américaine et russe :                                                 empiétements ou replis ?

Jack Thomas
« Pourquoi les Etats-Unis n’ont pas ratifié le Traité de Versailles ? »

Socialismes européens et paix universelle :                      sécurité collective ou révolution ?

Emmanuel Jousse
« L’internationalisme ouvrier au lendemain de la guerre »

                    Séance de l’après-midi

Rémy Pech
Président de séance

L’Allemagne dans l’Europe : quelle place ?

Elise Julien
« Les mythes fondateurs du nazisme : diktat, coup de poignard dans le dos »

Raphaël Georges
« L’Alsace et la Lorraine réintégrées à la France »

Construction européenne :                                                      des projets encore fragiles ?

Adeline Blaszkiewicz
« Un grand européen fidèle à Jaurès : Albert Thomas »



Les nombreux échanges avec le public ont participé à la bonne réussite de cette journée et nous vous devons à chacune et chacun un grand merci pour votre participation chaleureuse et amicale.

« Les Amis de Jean Jaurès à Toulouse » vous souhaitent un bien bel été et vous donnent rendez-vous pour notre prochain Café Jaurès de rentrée : Mardi 10 septembre 2019.                           

Arrêt sur images : café du 30 avril 2019

Jean Jaurès et la Franc Maçonnerie :              un frère sans tablier ?

Par Bruno ANTONINI

Professeur de philosophie

Le conférencier a posé d’emblée l’affirmation que Jean Jaurès n’avait pas de vécu de maçon . Ce qui amène à considérer seulement ses rapports avec des maçons . Déjà , à Castres , son professeur monsieur Delpech était maçon . Dans le contexte de la III° République , l’homme politique qu’il est devenu a côtoyé , eu de nombreux contacts avec les maçons au pouvoir : Emile Combes , Jules Ferry . . . Pour autant le nom de Jean Jaurès n’apparait dans aucun débat , aucun article de la Franc Maçonnerie du début du XX° siècle . Cependant il existe des liens sous-jacents , souterrains , philosophiques entre Jean Jaurès et la Franc Maçonnerie .

C’est donc à travers la pensée philosophique de Jaurès que la réflexion sera menée .  » Rassembler ce qui est épars  » est une phrase du Maçonnisme et se rapproche de la philosophie de Jaurès qui découle de celle de son maître Aristote .

Les maçons ont soutenu Jean Jaurès pour la publication de l’ Histoire socialiste de la révolution française et la fondation de l’Humanité . Ils l’ont invité à la conférence du Trocadéro ( 16 décembre 1906 ) où Jaurès a prononcé un discours sur  » la question religieuse et la question sociale  » devant 6000 personnes . On trouve des affinités entre la pensée libre et le socialisme .

Jaurès affirme une liberté complète de critique pour le socialisme et la religion sans toutefois être franc maçon . En réponse à Jules Ferry , Jaurès précise 2 combats : contre le dogmatisme mystique et contre la frivolité intellectuelle .

Rémy Pech « preuve en main « !

En effet , Ferry est un positiviste mais Jaurès ne peut s’en contenter ; lui est un métaphysicien au moment où la métaphysique réapparait en philosophie . Jaurès n’évoque la Franc-Maçonnerie ni au congrès de Lyon ni au congrès de Limoges mais ne s’abaissera jamais à entrer dans des polémiques touchant le Grand Orient de France ( qui compte 1/3 de socialistes en 1906 ) . Il repousse toute avance des Frères . La pensée philosophique de Jaurès est porteuse d’un idéalisme moral , mais elle est aussi réaliste comme l’exprime le titre de sa thèse :  » De la réalité du monde sensible  » ( 1892 ) . A la suite d’Aristote Jaurès défend l’unité de l’ Être , identifié au Dieu des philosophes . Être soit en acte , soit en puissance . Même éclaté l’ Être est posé comme promesse : tout part d’une dispersion pour aller à un rassemblement .

L’union de la pensée et du corps en unité avec Dieu est présente dans la philosophie de Jaurès Ce Dieu est symbole d’ absolu , d’infini , de perfection et d’éternité . L’Être est l’Humanité en puissance et l’Humanité réalisée est l’Être en acte .

Le bureau autour de notre invité

En politique , République et socialisme s’interpénètrent . Le but est de mener la République jusqu’au bout car la République est socialisme en puissance . Il faut transposer la souveraineté du peuple en économie , ce qui débouchera sur la République sociale par l’appropriation collective des moyens de production et des échanges : c’est la  » Républication  » de l’économie . Pour Jean Jaurès , le mouvement c’est l’état qui assure le passage de la puissance à l’acte , de la République au socialisme . C’est un rapport de force métapolitique et il est indépassable .

La méthode socialiste de Jean Jaurès est la fusion des classes , leur collaboration . Toute transformation doit se faire en douceur . Jaurès rejette le coup de force et préconise la méthode de transition .

D’où sa qualification de  » réformiste révolutionnaire  » ? Il y a  » transmutation  » de la République en socialisme .

Après des échanges entre conférencier et public la séance est close .

Arrêt sur images : café du 15 avril 2019

Jaurès de trains en gares

Par Catherine MOULIN

Professeur agrégée d’histoire

L’objectif de cette conférence était essentiellement d’étudier l’importance du train dans l’activité de Jaurès et de montrer que le chemin de fer était un élément incontournable de la vie politique sous la III° République . En 1879 , le plan Freycinet est voté ; de quoi s’agit il ? Il prévoit la construction de 181 lignes de voies ferrées à intérêt local (VFIL) , achevée en 1914 .

 » Le principe de l’égalité d’accès devant les chemins de fer  » va de pair avec l’accès à l’école et le service militaire . Le train devient donc indissociable de la vie démocratique en facilitant le déplacement des hommes et la diffusion des idées politiques .

Jaurès se rend dans des villes desservies par le train . En province , il fait des tournées organisées pour rentabiliser son déplacement . Un exemple : en 1899 , il se déplace dans le Midi . Le 25 juin il est à Toulon , le 29 , à Marseille ; le lendemain il part à Sète et se rend à Montpellier le 1° juillet . Comment Jaurès occupe t il le temps passé en train ? Son compartiment ( en voiture de 2° classe ) devient un véritable bureau ambulant .

Il est souvent accompagné par ses camarades socialistes ( Marcel Sembat , Pierre Renaudel , Gustave Rouanet , Emile Vandervelde pour les déplacements liés à l’Internationale socialiste ) . En province , il est souvent accompagné par des députés locaux . Le train autorise une réactivité des hommes politiques aux évènements inenvisageable auparavant . Le train peut même constituer un véritable interface entre l’action politique de Jaurès à Paris et son action locale en province .

C’est en gare qu’a lieu la rencontre entre Jaurès et les organisateurs locaux des départements . Et l’arrivée de Jaurès est un évènement qui attire la foule . Parfois , à cette occasion , des cartes postales sont éditées ( en 1903 , arrivée de Jaurès en gare d’Armentières , à Millau en 1904 , à Vienne en 1909 . . . ) Seules les arrivées qui ont lieu en période de grèves sont tendues , souvent très discrètes . Si le train constitue le mode de transport indispensable à l’action politique de Jaurès , il est instrumentalisé par ses adversaires dans des caricatures et des articles de presse : Le 26 juin 1904 , » Le Droit du Peuple » , journal guesdiste isérois raille le train spécial mis à la disposition de Jaurès et surtout un soi-disant wagon salon ; le 3 novembre 1895 , dans  » Le Grelot  » , 2 caricatures représentent Jaurès en gare , se faisant porter ses bagages .

Jaurès est intervenu politiquement lors de la nationalisation des compagnies de chemin de fer et pour la défense du droit de grève des cheminots . Lors de la grève des cheminots en octobre 1910 , il préconise aux cheminots de ne pas déclencher le mouvement social avant la rentrée parlementaire et appelle aux négociations et à l’arbitrage . En dépit du déclanchement de la grève avant la rentrée parlementaire Jaurès apporte aux grévistes un soutien sans condition .

Enfin , à l’occasion de l’affaire Durand ( l’affaire Dreyfus ouvrière ) qui met en cause un responsable syndical des dockers lors d’une grève dans le port du Havre en 1911 , Jaurès mène campagne dans l’Humanité et dans la Dépêche . Pour être complet , il faut également signaler la conférence Toulousaine que Jaurès consacra à Tolstoï le 9 février 1911 , donnée au profit des cheminots révoqués . En conclusion , le train est indiscutablement un trait d’union entre différents lieux et différentes activités du leader socialiste ; et la gare , lieu de rencontre et de mouvement est un lieu du politique .

La conférence se termine après la séance de questions-réponses habituelle .

Arrêt sur images : Café du 12 mars 2019 – Edouard Vaillant

Edouard VAILLANT

par Gilles CANDAR

Président de la Société des Etudes Jaurésiennes

Edouard Vaillant est un personnage assez méconnu , surtout présent dans la toponymie urbaine . Pourtant , il a souvent été un homme politique de premier plan . Socialiste , l’un des élus majeurs de la Commune de Paris , il sera surnommé par un journaliste du « Populaire  » , dans les années 1930 , « la plus forte tête pensante de la Commune  » . Né le 29 janvier1840 à Vierzon , mort à Paris le 18 décembre 1915 , il se distingue par son ancrage dans son terroir , le Berry , et son grand attachement à Paris ( il est arrivé très jeune dans la capitale ) . Vaillant est né dans une famille bourgeoise et n’a jamais connu de problèmes d’argent . Après l’obtention du baccalauréat il intègre l’école centrale . Après avoir reçu une formation d’ingénieur et de médecin , il se tourne vers la philosophie qu’il étudie à Heidelberg , à Tübingen et à Vienne . Adhérent de l’ Internationale et lié à Blanqui , il participe à toutes les actions de la gauche socialiste pendant le siège de Paris . Membre élu de la Commune , il est nommé à sa commission exécutive et délégué à l’instruction publique . Après la semaine sanglante , il part en Angleterre où il fait la connaissance de Karl Marx . En 1871 ce dernier le fait entrer au conseil général de L’Internationale . Mais après le congrès de La Haye ( septembre 1872 ) , Vaillant se retire et cesse pratiquement toutes relations avec Marx . En juillet 1872 , Vaillant est condamné à mort par contumace et il ne reviendra en France qu’après l’amnistie générale de 1880 par Gambetta . Il milite d’abord dans le Cher , puis à Paris à partir de 1884 . Il crée avec Blanqui le journal  » Ni Dieu ni Maître  » . Lors de la crise Boulangiste , Vaillant prend fermement position contre le général qui , dit-il , veut renverser la République . Elu conseiller municipal de Paris en 1884 , il devient député de la capitale en 1893 et siègera à la Chambre jusqu’à sa mort en 1915 . Il y défendra en particulier la journée de 8 heures et l’extension de la législation sociale . Partisan de l’unification du mouvement socialiste français , il participera aux regroupements qui précèderont la création de la SFIO en 1905 . Il participera aux congrès de la II° Internationale où il sera l’un des plus ardents défenseurs de la grève générale contre la guerre . Et pourtant , en 1914 , il approuvera le ralliement des socialistes à l’Union Sacrée . De par sa formation , sa culture et son action , Edouard Vaillant forme avec Jean Jaurès , Jules Guesde et Jean Allemane le quatuor majeur du socialisme Français de la fin du XIX ° siècle et du début du XX° . Après la traditionnelle séance de questions-réponses entre l’intervenant et la salle il est mis fin à ce café Jaurès .

Ce Café fut animé par Rémy PECH, Président des Amis de Jean Jaurès à Toulouse

Cette soirée se termina par un diner très convivial où l’Amitié était au menu …

Jean Le POTTIER, Directeur des Archives Départementales du Tarn ainsi que Max ASSIE étaient parmi les nombreux convives.

arrêt sur images : Café du 19 février 2019

« Le coup d’état du                         2 décembre 1851 »

par Rémy CAZALS

Professeur émérite d’Histoire Contemporaine

Université Jean Jaurès – Toulouse

         

Le coup d’état du 2 décembre 1851 est l’acte par lequel , en violation de la légitimité constitutionnelle , Louis Napoléon Bonaparte ,Président de la République Française depuis 3 ans , conserva le pouvoir à quelques mois de la fin de son mandat , alors que la constitution de la deuxième République lui interdisait de se représenter aux élections présidentielles .

Pour comprendre ce qui s’est passé le 2 décembre 1851 il convient de remonter quelque temps en arrière . Lors de la révolution de 1848 , le suffrage censitaire universel ( uniquement masculin ) est mis en place . Le 10 décembre 1848 le prince Louis Napoléon Bonaparte , candidat , est porté à la Présidence de la deuxième République , avec une forte majorité , 74,5% ( à Toulouse , 62% seulement ) . Le nouveau Président jure fidélité à la constitution . Mais très vite , cette République évolue vers la réaction ( loi contre les arbres de la liberté ) .                                                                                         Parmi les lois votées, une restreint le suffrage universel : les ouvriers sont exclus du suffrage.                                                      

Le 2 décembre 1851 au matin , Louis Napoléon Bonaparte édicte 6 décrets proclamant la dissolution de l’Assemblée Nationale , le rétablissement du suffrage universel masculin , la convocation du peuple français à des élections et la préparation d’une nouvelle constitution . Si le peuple de Paris réagit relativement peu pour défendre une assemblée conservatrice qui l’a dépouillé d’une partie de ses droits , ce n’est pas le cas dans les zones rurales . Il faut citer le cas de Mazamet où les partisans de la République décident de résister avec les fusils  » empruntés  » à la garde nationale . Les insurgés livrent bataille mais force reste à l’armée . La résistance menée à Paris ou en province par les républicains ( Victor Schoelcher , Victor Hugo , Jean Baptiste Baudin ) est écrasée en quelques jours . En ce qui concerne les conséquences de cette résistance , il faut savoir qu’au niveau national 20000 personnes seront condamnées par des commissions mixtes . Elles seront envoyées à Cayenne , en Algérie , seront expulsées de France ou internées dans un autre département que celui d’origine . Louis Napoléon Bonaparte rétablit le suffrage universel masculin comme il s’y est engagé et convoque les français pour un plébiscite les 20 et 21 décembre 1851 afin de faire approuver son action et les mesures annoncées . Moins d’un an plus tard , le 2 décembre 1852 , à l’issue d’un autre plébiscite , le second empire est établi et Louis Napoléon Bonaparte devient Napoléon III , empereur des français . Le second empire sera marqué par une succession de guerres :de Crimée , d’Italie ,expédition du Mexique . . . La dernière , la guerre menée contre la Prusse , aboutira à la défaite de Sedan et à la chute de l’empire .                                                                                                                             

Ce café Jaurès se termine après une série de questions-réponses entre le public et l’intervenant .

Arrêt sur images : Café du 17 janvier 2019

La Commune de Toulouse 1871

Par Rémy PECH ,

Professeur émérite, ancien Président de l’Université Jean JAURES  

          Président des Amis de Jean Jaurès à Toulouse



Ce jeudi 17 janvier 2019 l’auditorium Jean-Jacques Rouch , qui accueillait un café Jaurès consacré à la Commune de Toulouse ( 1871 ) et l’assemblée générale de notre association , était comble . Après avoir adressé ses vœux pour 2019 aux personnes présentes, notre Président Rémy Pech a déroulé le récit de la Commune de Toulouse et fait mieux connaître son acteur principal Armand Duportal .

La Commune de Toulouse a été brève , non sanglante , atypique . Fin 1871 , Toulouse compte 112000 habitants . Sa population a doublé en 40 ans . Ce boom a été alimenté par la misère des campagnes alentour . A l’époque , Toulouse est une ville ouvrière ( 20000 ouvriers ) , mais elle compte aussi beaucoup de notables , d’universitaires . . . De nombreuses tensions existent . La Révolution de 1848 a eu lieu comme partout et a vu l’apparition d’une génération de républicains fervents . Ces républicains ont conquis le Capitole dés 1865 . La grande figure de la Commune de Toulouse est Armand Duportal . Né en 1814 , il est issu d’une famille originaire de Caraman . C’est un élève brillant mais indiscipliné . Exclu du lycée il ne pourra passer le baccalauréat . Il tente l’entrée à polytechnique mais échoue . Il écrit dans des  » feuilles  » toulousaines dés 1830 et travaille comme cadre dans la société du canal du midi . Licencié , il intègre une banque . Suit un période d’errance : Russie , Sardaigne . . . Il revient à Toulouse en 1870 et entre aux chemins de fer . Le 8 septembre 1870 il est nommé Préfet . Pour définir le personnage on peut le qualifier de radical ardent et de préfet atypique . Le 8 mars 1871 la Commune éclate à Paris . A Toulouse , à la place actuelle de l’université Toulouse1 Capitole se dresse une énorme usine , l’Arsenal . A l’entrée de celui ci , un poste militaire . Mais la garde de l’Arsenal doit-elle être assurée par la garnison voisine ou par un détachement de la Garde Nationale ? Le Préfet en place , Armand Duportal hésite . Dés octobre 1870 , il parraine une ligue demandant la séparation de l’église et de l’état , la laïcisation des écoles et le soutien aux intérêts de la classe ouvrière . Gambetta , effrayé par ces audaces , tente de nommer un nouveau Préfet mais il doit renoncer sous la pression des clubs toulousains et de la rue . Cependant , le 20 mars 1871 , Thiers , excédé par les ambiguités de Duportal et l’attitude attentiste des responsables de l’armée nomme un nouveau préfet de la Haute Garonne , le comte Emile de Keratry . Arrivé à Toulouse , celui ci doit s’éloigner de la ville , menacé par la Garde Nationale . Le 25 mars , les gardes nationaux occupent le Capitole aux cris de  » Vive la Commune ! Vive Paris !  » Ils vont ensuite trouver Duportal à la Préfecture et le ramènent au Capitole . Mais celui ci ne veut pas s’afficher à la tête du mouvement . Il rédige une « Proclamation de la Commune Révolutionnaire de Toulouse  » qui sera lue au balcon de l’Hôtel de Ville par un capitaine de la Garde Nationale , l’acteur Saint-Gaudens . Les magistrats toulousains ,qui dépendent du gouvernement , engagent des poursuites contre les meneurs . Plusieurs centaines de civils issus des quartiers bourgeois constituent sous les ordres du trésorier payeur général François de Carbonel un  » bataillon de l’ordre  » . Son but , renverser la Commune et précipiter le départ de Duportal . Le 27 , place du Capitole , 6 canons sont disposés devant les Arcades , afin de donner l’assaut à l’Hôtel de Ville . Mais une délégation se rend au Capitole et garantit l’impunité aux insurgés . L’Hôtel de Ville est évacué , la Préfecture également . Peu de temps après des mandats d’arrestation seront lancés: Duportal est incriminé ainsi que l’ancien maire de Toulouse , Castelbou . Les accusés seront déférés aux assises des Basses Pyrénées . Le procès , qui se déroulera à Pau du 8 au 12 août1871 aboutira à l’acquittement de tous les accusés .   

                                             


Un public toujours nombreux et attentif !!!

Assemblée Générale annuelle 17 janvier 2019

C’est toujours avec un réel plaisir que nous nous retrouvons au mois de janvier de chaque année pour tenir notre assemblée générale.

Celle-ci comme les précédentes a tenu toutes ses promesses …

Les adhérents ont répondu présents et en nombre …

L’Amitié était à l’ordre du jour de notre assemblée …

Résultats des différents votes :

Le Bilan d’Activités 2018 voté à l’unanimité.

Le Projet d’Activités de 2019 voté à l’unanimité.

Le Bilan Financier 2018 voté à l’unanimité.

Le nouveau Conseil d’Administration pour les années 2019/2020 élu à l’unanimité est le suivant :

BARBIER Jonathan – CAZALS Rémy – COHEN Françoise – CORBOBESSE Michelle – DELANDRE Emmanuel – DOUCET Dominique – DUCASSE Jean Louis – HIRIGOYEN Hervé – LLORET René – MARTINEL Martine – PECH Rémy – PETERSEN Marie Claude – POUMAREDE Jacques -RAYNAL Alain – REY Martine – THIRIET Jean Claude.

Le nouveau Bureau 2019/2020 élu à l’unanimité :

Président : PECH Rémy

Secrétaire Général : LLORET René

Secrétaire Adjointe : PETERSEN Marie Claude

Trésorier Général : DOUCET Dominique

Trésorier Adjoint : POUMAREDE Jacques

Un grand merci aux membres du CA ne renouvelant pas leur candidature et bienvenue aux nouveaux venus …

Une fois la séance levée, nous nous sommes retrouvés tous et toutes pour notre Galette Républicaine Traditionnelle et le verre de l’Amitié Jaurésienne.

Arrêt sur images : Café du 18 septembre 2018

« Droit du travail et politique »

par Michel Sabatté

avocat et universitaire

Cette communication a comporté 2 parties : la première consacrée aux liens pouvant être établis entre le droit du travail et la ou le politique , la seconde consacrée à l’analyse de la portée politique des réformes intervenues à partir du mois de septembre 2017 .
Le concept de politique est entendu comme suit :
    • Le politique tel que défini par André GORZ : un socle de valeurs     communément admises dans une société donnée ,
  • Mais aussi un ensemble de phénomènes qui ne se concentrent pas exclusivement sur l’Etat et qui englobent de nombreux thèmes traités par le droit du travail ( la liberté , le pouvoir , l’autorité , la représentation ).
Le Droit est considéré comme une émanation du politique qui l’auto-limite , mais qui ne l’expulse pas .
Le Droit , à la différence du politique , se caractérise par sa généralité , sa stabilité et sa prétention à la rationalité .
Le Droit du travail est-il par essence un droit politique ?
Le Droit du travail est-il exclusivement orienté vers la protection des salariés ?
Est-il , au contraire , ou en même temps , au service de la compétitivité des entreprises ?
Les exemples pourraient être multipliés .
Ce qu’il importe de relever c’est que les débats idéologiques ont souvent obscurci la compréhension de certaines réformes .
Le Droit du travail peut-il être considéré comme un droit politique ?
La réponse est affirmative lorsqu’on constate que ce droit ne présente pas les caractères de stabilité , de généralité et de précision qui renvoient à un droit susceptible de dépolitiser .
La réponse est positive lorsque l’on constate que certaines réformes ( le droit du licenciement économique ) présentent un caractère symbolique et représentent pour l’essentiel un message envoyé par le pouvoir politique qui s’installa à son électorat .
La réponse est affirmative enfin lorsque l’on constate que la plupart des normes du travail soit laissent place à des marges d’interprétation qui vont se dérouler de façon politique , soit sont issues d’une délégation à des instances privées , soit n’acquièrent pas de légitimation au point qu’il est impossible de les interpréter et de les appliquer ( le CPE par exemple ) .
Les réformes récentes du Droit du travail ont été adoptées au terme d’une procédure constitutionnelle .
Sur le fond elles s’inscrivent dans une continuité technique qui renvoie depuis le début des années 80 à une montée en puissance de la négociation collective d’entreprise , éventuellement dérogatoire .
Ces réformes s’inscrivent également dans une continuité idéologique amorcée au début des années 80 , lorsque le focus est centré désormais sur la compétitivité des entreprises , sur une représentation du salarié en terme de risque et sur un certain désengagement de l’état au regard du traitement de la question sociale largement soustraite au travail parlementaire .
Il s’agit d’une révolution du droit du travail à bien des égards .
        * Le droit du travail est assujetti aux impératifs de l’économie , voire à un discours sur l’économie .
         * Le droit du travail s’efface au profit d’un droit du marché du travail .
Il n’est plus centré sur l’entreprise mais sur l’accompagnement des transitions professionnelles .
          * Les réformes substituent au concept de démocratie sociale le concept de dialogue social .
           * L’ordre public est légalisé et , par là , dégradé .
           * La représentation du personnel est profondément transformée .
            *Enfin , la réforme de la représentation du personnel et l’assouplissement de la règlementation des CDI qui va se traduire par une augmentation de la précarisation de l’emploi annoncent un recul du fait syndical .
La conférence se termine après une séance de questions réponses entre l’intervenant et les personnes présentes dans la salle .
                                    * * * * * * * * * * * *

Regards du pays toulousain sur la Grande Guerre (suite & fin)

La photo ci-dessus représente un groupe d’élèves du collège de Nailloux (Haute-Garonne) en visite dans les restes de tranchées et de réseaux de barbelés à la Main de Massiges en 2017. Elle évoque le thème des animations, pédagogiques ou autres, extrêmement nombreuses, dont on ne pourra donner que quelques exemples, trop rapidement, mais en essayant de montrer leur complémentarité.

Le professeur Philippe Delvit a présenté les activités à l’Université de Toulouse-Capitole : l’exposition sur les juristes mobilisés ; le Livre d’or des étudiants en droit toulousains tués ; les deux cycles de conférences en 2017-2018 et 2018-2019. Il a rétabli en 2018 le rituel de dépôt de gerbes aux monuments aux morts de l’Université.

En 2008, les Archives municipales de Toulouse avaient déjà monté une très grande exposition en utilisant notamment les photos du fonds Berthelé inventorié par une étudiante de l’Université de Toulouse 2, Julie Maisonhaute. Cette expo avait été montrée en dehors de Toulouse, en particulier dans le département de l’Aisne. Les éditions Privat avaient tiré du fonds un beau livre préfacé par Geneviève Dreyfus-Armand, directrice de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine de Paris (BDIC). On verra plus loin que les associations de médecins toulousains qui ont réalisé une expo sur le service de santé pendant la Grande Guerre ont largement utilisé le fonds Berthelé. Il s’agit là d’un bon exemple de coopération entre diverses structures.
Rémy Verdo, actuel directeur des Archives municipales de Toulouse, a présenté deux ouvrages réalisés récemment : un catalogue de cartes postales de propagande à prétention humoristique éditées à Toulouse pendant la guerre (ouvrage auquel ont participé Cédric Marty et Fabrice Pappola) ; un petit livre de Louise-Emmanuelle Friquart sur les monuments aux morts toulousains, diffusé par la région Occitanie.
Sur le thème des monuments aux morts, Jacques Poumarède a organisé une soirée de l’association du quartier Concorde-Chalets autour du monument de la place Roquelaine représentant la France protectrice de la civilisation. Dans diverses sources numérisées, il a retrouvé la trace de plusieurs combattants dont le nom est inscrit sur le monument.
Sur le même thème, mais au niveau national, Emmanuel Delandre a produit une remarquable exposition (actuellement en place dans les salles de Canopé, ex-CRDP, rue Roquelaine, jusqu’au 14 décembre) et un très beau livre de photos. L’expo avait été montée à Sorèze en accompagnement du colloque « Enseigner la Grande Guerre ». Elle sera au Centre Culturel de Fouesnant (Finistère) du 9 au 25 janvier. Autre exemple de complémentarité entre les activités et de rayonnement culturel du pays toulousain.
Les deux photos reproduites ci-dessous sont prises à Toulouse (école Chaubet à Guilheméry) et à Dôle (monument à Jean Jaurès).

Au nom des Amis de l’Hôtel-Dieu et du Musée d’Histoire de la Médecine, le professeur Jean-Paul Carrière a présenté l’exposition « Au cœur du service de santé de la Première Guerre mondiale » montée à l’Hôtel Dieu de Toulouse en novembre 2016 pour une année et prolongée jusqu’en novembre 2018. Cette exposition reposait sur les documents originaux ayant appartenu au chirurgien toulousain Prosper Viguier, sur les photos du fonds Berthelé déjà cité et sur des uniformes et objets divers prêtés par des collectionneurs. Une vitrine présentait aussi les publications de l’Université Jean Jaurès en rapport avec 14-18. Les notes de Prosper Viguier ont été réunies en livre pour les éditions Privat. Un cycle de huit conférences a accompagné l’exposition. Celle du 5 novembre, la dernière du cycle, a pour auteur François Icher.
Celui-ci, inspecteur d’académie et inspecteur pédagogique régional, a également pris la parole le 20 octobre pour rappeler le fort investissement de l’Éducation nationale dans le Centenaire. On lira avec profit le texte de son intervention au colloque de Sorèze, dans Enseigner la Grande Guerre, livre déjà cité.

L’image ci-dessus illustre l’investissement des établissements d’enseignement dans des activités pédagogiques, la plupart labellisées par la Mission du Centenaire. Elle représente la manifestation franco-allemande du 29 mai 2016 à la nécropole de Douaumont sur une scénographie de Volker Schlöndorff (photo communiquée par la Mission du Centenaire pour le livre Enseigner la Grande Guerre).

Il faut terminer en insistant sur un fait capital : la motivation des institutions (dépôts d’archives, médiathèques, musées, mairies…), des établissements d’enseignement de tous niveaux, et de quantité d’associations de quartier, de village. J’ai pu personnellement le constater en faisant, entre 2014 et 2018, des dizaines d’interventions à travers la France, et même à l’étranger jusqu’à Shanghai…
Les Journées de Larrazet, animées par Alain Daziron, ont commémoré 14-18. Jean-Claude François a fait connaître les habitants de Villemur-sur-Tarn dans la Grande Guerre. Blagnac a réédité un ouvrage paru en 2008, a monté une exposition et organisé plusieurs spectacles. Le musée Petiet et le ciné-club de Limoux ont proposé un large éventail d’activités. La Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron a organisé un colloque et en a publié les Actes… Encore une fois, il n’est pas possible de citer toutes les initiatives

Dans sa conclusion à la journée du 20 octobre, le professeur Antoine Prost a souligné qu’il s’est passé quelque chose d’important qu’on n’avait pas prévu en 2013. Il s’est agi d’un phénomène commémoratif massif. Cela est dû au fait que la société a changé : nos contemporains ont davantage d’instruction et de temps libre ; les collectivités locales sont dotées de services culturels ; il y a des milliers d’associations. Ainsi, le Centenaire est-il aussi un témoignage sur l’évolution de la société française.

Liste des livres cités dans la 4e partie :

– Devaux (Olivier) et Garnier (Florent), Mémoires de la Grande Guerre – Le Livre d’or de la Faculté de Droit de Toulouse, Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole, 2018.
– 1914-1918, Images de l’arrière-front, Raoul Berthelé, lieutenant et photographe, ouvrage préparé par Rémy Cazals, préface de Geneviève Dreyfus-Armand, Toulouse, Privat, 2008.
– Drôle de guerre !? Catalogue des cartes postales dessinées éditées à Toulouse (1914-1918), Archives municipales de Toulouse, 2014.
– Friquart (Louise-Emmanuelle), L’art du souvenir, les monuments commémoratifs de la guerre 1914-1918 à Toulouse, Conseil régional Midi-Pyrénées, 2014.
– Delandre (Emmanuel), De Mémoire et de Paix, le pacifisme dans les monuments aux morts de 14-18, Toulouse, 2017.
– Viguier (Prosper), Un chirurgien de la Grande Guerre, Toulouse, Privat, 2007.
– François (Jean-Claude), Les Villemuriens dans la Grande Guerre, « Les Amis de Villemur historique », 2014.
– Les Blagnacais pendant la Grande Guerre, « Blagnac, questions d’histoire », 2008, réédité en 2018.
– Les Aveyronnais sur tous les fronts 1914-1918, Rodez, Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron, 2018.

Éclairages :

– Prost (Antoine), « Les monuments aux morts », dans Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, I La République, Paris, Gallimard, 1984.
– Cazals (Rémy), Les mots de 14-18, Toulouse, PUM, 2003.

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