BIOGRAPHIE DE JAURÈS – NOUVEL ARTICLE – CHAPITRE VI – Du Palais Bourbon au Capitole 

Chapitre VI

Du Palais Bourbon au Capitole
1889-1892, Toulouse

À la veille des élections législatives, la fille de Jean Jaurès, Madeleine, nait le 19 septembre 1889. Les élections ont lieu le dimanche 22. Dans la circonscription dont sa ville natale est le centre, Jaurès est battu par le candidat de la droite cléricale. Il revient alors à son métier d’enseignant de philosophie à Toulouse où il entre au conseil municipal à l’occasion d’une élection partielle en juillet 1890, avec pleine confirmation au renouvellement général de 1892. Pendant deux ans et demi, jusqu’à son élection comme député de Carmaux, Jaurès participe à la gestion de cette grande ville de 150 000 habitants, comme adjoint délégué à l’Instruction publique. Il faut évoquer son action dans ce doamaine, élargi à la question des subventions aux sociétés savantes, ainsi que ses rapports avec le monde ouvrier toulousain. Mais il convient d’abord de revenir sur son échec à Castres, qu’il présente ainsi aux Toulousains : « J’ai été vaincu. Soit : mais en tenant haut et ferme le drapeau de la République, mais en faisant face à l’ennemi, en l’entrainant, en le blessant lui-même. Et ce n’est vraiment pas à des républicains qu’il appartient de me reprocher d’être tombé sur le champ de bataille, le front haut, face à l’ennemi ! »

1. Défaite et victoires …..  LIRE LA SUITE

Biographie de Jaurès – nouvel article – Chapitre V – « Vers le socialisme 1885-1889 (deuxième partie) »

Chapitre V

Vers le socialisme        1885-1889 (deuxième partie)

À ceux qui, par erreur ou pour des raisons obscures, ont collé sur le député du Tarn élu en 1885 l’étiquette « opportuniste », Jaurès a répondu à l’avance à plusieurs reprises, d’abord en affirmant qu’il ne voulait connaitre que le camp républicain opposé aux réactionnaires, argumentation développée dans le chapitre précédent, mais aussi en révélant qu’il était acquis de bonne heure aux idées socialistes. Dès son entrée au Palais Bourbon, il aurait commencé à tracer des plans d’organisation socialiste jusqu’à ce qu’il trouve comment la concilier avec la liberté et l’épanouissement de l’individu …. lire la suite

Biographie de Jaurès- nouvel article – Chapitre IV – « D’abord, la République 1885-1889, Palais Bourbon »

Chapitre IV

D’abord, la République

1885-1889, Palais Bourbon

Normalien, Jaurès avait assisté à des séances à la Chambre des députés ; professeur en province, il avait suivi la politique nationale. C’est cependant une grande nouveauté de se trouver soi-même dans l’hémicycle. Au cours de ses premiers mois de mandat, il est très assidu mais reste silencieux ; il réfléchit, il travaille sérieusement, il se documente sur le fond des problèmes, ce qui lui permettra de nourrir de chiffres et d’arguments les articles qu’il va écrire pour La Dépêche, le grand quotidien toulousain, à partir de janvier 1887. Ces articles ne sont pas des éditoriaux comme on l’a parfois dit par erreur. Un éditorial reflète la pensée de la direction du journal ; il arrivera que les textes de Jaurès soient en désaccord avec la ligne de La Dépêche. Commencés en première colonne de la première page, les textes des « grandes signatures » appartiennent à la catégorie dite « Premier Paris » dans le jargon de la presse …. lire la suite

Compte-rendu du Colloque Jaurès du 15 Octobre 2016 au Conseil Départemental de la Haute Garonne

Compte-rendu du Colloque Jaurès du 15 Octobre 2016

                                                      ENSEIGNER LA JEUNESSE

Ce colloque conjointement organisé par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne et Les Amis de Jean Jaurès à Toulouse a été dédié à la mémoire du Président Fondateur de l’association, Jean-Jacques Rouch récemment disparu.

Jeunesse, éducation, enseignement, des thèmes chers à Jean Jaurès, récurrents dans son œuvre ont trouvé leur approfondissement dans les différentes interventions de spécialistes. Après l’ouverture bienveillante et chaleureuse de Monsieur Georges Méric, Président du Conseil Départemental, ce fut au tour du Président des Amis de Jean Jaurès à Toulouse Rémy Pech, président honoraire de l’Université Jean Jaurès de lancer les travaux.

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La présidente de séance, Marie-Claude Petersen, professeure honoraire d’histoire, a présenté successivement Gilles Candar, Jean-Michel Ducomte, Franck Fischbach et Guy Dreux.

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Gilles Candar, Président de la Société des études jaurésiennes et successeur de Madeleine Rebérioux a situé le thème du colloque dans la pensée de Jaurès, en une introduction générale mettant l’accent sur « l’immense effort de travail intellectuel et citoyen demandé à tous ».

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Jean-Michel Ducomte, Président de la Ligue de l’enseignement, professeur émérite à l’I.E.P. de Toulouse, a souligné l’engagement de Jaurès considérant que seul le néant est neutre , glorifiant la tolérance et prônant un enseignement vivant, moderne et pénétré des sciences…

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Franck Fischbach, longtemps professeur à l’université Toulouse II Le Mirail, aujourd’hui doyen de la faculté de Philosophie de Strasbourg a développé la philosophie de l’enseignement de Jaurès, toute imprégnée de Durkheim et Weber. Etre autonome dans un environnement contraignant, arriver à être soi-même pour vouloir s’associer avec les autres, vivre pour autrui mais vivre pour soi-même, avoir un esprit libre formé par l’école laïque.

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Guy Dreux, Professeur de sciences économiques et sociales, membre de l’institut de Recherche de la FSU, a traité de Jaurès et l’espérance scolaire car le savoir fait partie de la lutte sociale. Jaurès peut associer le socialisme à la religion, mais une religion en humanité fondée en raison ; voilà l’espérance Jaurèsienne . Jaurès se fait l’éducateur des éducateurs, en effet les instituteurs sont les grands témoins de la contradiction entre usage de l’Homme et idéal de l’Homme.

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En clôture de matinée, Yali Meng, jeune doctorante chinoise accueillie dans un laboratoire à la Maison de la Recherche de l’Université Toulouse II Jean Jaurès, a répondu à une double question : Comment s’est-elle intéressée à Jean Jaurés et ce dernier est-il connu en Chine ? Les réponses se trouvent dans le titre de sa thèse « Education Civique et Morale à l’Ecole Laïque en France des débuts de la troisième république à la veille de la première guerre mondiale » et dans l’analyse des écrits (peu nombreux) sur Jaurès des chercheurs chinois .

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Le président de séance de l’après-midi, Jacques Poumarède, professeur émérite à l’université de Toulouse I Capitole, a présenté successivement Rémy Cazals, Jacqueline Lalouette, Olivier Loubes et Catherine Moulin.

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Rémy Cazals, professeur émérite de l’Université Toulouse II Jean Jaurès, a pris l’angle de l’enseignement à la paix. Le prolétariat doit relever la tête pour sauver la civilisation humaine de la guerre et faire connaître les autres civilisations aux enfants. La paix permettra de changer la société, il n’y aura d’évolution révolutionnaire que sur la base du suffrage universel, d’une éducation fondée sur la raison, d’un groupement des prolétaires . Jaurès a pris position contre la loi des trois ans, a alerté sur un possible éclat dans les Balkans. Jean Jaurès aurait mérité le prix Nobel de la Paix selon une confidence d’Anatole France à Marie-Louise Puech.

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Jacqueline Lalouette, professeure émérite à l’Université de Lille III, nous a entretenu de Jaurès et l’enseignement privé, en rappelant le contexte conflictuel de ces années où la question du monopole d’état en matière scolaire se conjugue avec la question de la laïcité. Jaurès pose le droit de l’enfant à l’éducation et à être mis en communication avec toute la pensée humaine. A ce droit répond un devoir celui de la Nation qui doit assurer une éducation libre, rationnelle, moderne…fondement de la démocratie. Jaurès refuse la neutralité, l’école laïque doit être porteuse d’un idéal.

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Olivier Loubes, professeur en classes préparatoires au Lycée Saint Sernin de Toulouse, en cet anniversaire du Front Populaire, a établi le lien entre Jean Zay et Jean Jaurès, la défense de la démocratie par la culture à travers la création du Festival de Cannes (1939), empêchée par la déclaration de guerre, effective en 1948. Abondamment illustrée, cette communication s’est conclue par l’assertion que la démocratie permet d’empêcher la guerre.

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Catherine Moulin, professeure au Lycée Pierre Brossolette à Villeurbanne, nous a exposé des éléments d’expériences et de recherche à propos de la place occupée par Jaurés dans les programmes du collège et du lycée actuels en regard des vingt dernières années. Si cette place a considérablement diminué, elle nous présente quelques documents (caricatures, tableau, photos, films….) qui permettent de réintroduire les aspects principaux de la pensée de Jaurés et son actualité.

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Entre les interventions, Francis Ricard a lu des textes choisis en lien avec les thèmes traités.

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à suivre dans de prochains jours, les enregistrements sonores des conférenciers enregistrés lors du colloque.

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Nouvel article dans la rubrique  » une biographie de Jean Jaurès « 

Chapitre III

Débuter en enseignement et en politique
1881-1885, Albi et Toulouse

La lettre écrite de La Fédial par Jean Jaurès à Charles Salomon le 25 juin 1881 nous donne d’abord de précieux renseignements sur la durée des voyages en train. En partant de Paris à 7 heures du matin par le « direct », il serait arrivé à Castres le lendemain matin à 10 heures. Mais il l’a raté et, par « l’omnibus », le trajet a duré trente six heures. Jean ajoute qu’en ville on hésitait à le reconnaitre : « d’autant plus que je venais de m’habiller de neuf, avec un charmant costume dandy et un chapeau de paille à bords retroussés qui me rajeunit de dix ans. »
Un peu plus tard : « Quand nous reverrons-nous ? Je ne puis songer sans tristesse que nous étions toujours ensemble, vivant presque de la même vie, et que maintenant il faut compter sur une bonne fortune pour se revoir bientôt. » En effet, après les années parisiennes, après les années d’études, une nouvelle vie commence pour Jean Jaurès, d’abord dans l’enseignement, puis dans la politique, une nouvelle période marquée aussi par des tournants dans sa vie privée.

1. Nouvelles situations

Depuis la fin des années 1870, Jules Jaurès était très malade. Il meurt le 27 mai 1882. Jean décrit sa fin dans une lettre émouvante à son ami Charles Salomon ….  lire la suite

forum des associations de Toulouse

Le forum des associations qui s’est tenu samedi 1er octobre sur la place du Capitole a offert à chacun la possibilité de venir s’informer, découvrir ou re-découvrir, les activités proposées au sein de chaque association.

Les Amis de Jean Jaurès à Toulouse étaient présents, nous avons présenté notre programme de conférences et surtout le colloque organisé le 15 octobre prochain au Conseil Départemental.

 

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Compte-Rendu du Café Jaurès du 6 Septembre 2016 « Ecole Laïque et Citoyenneté selon Jean Jaurès » par Yali MENG

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          «  Ecole Laïque et Citoyenneté selon Jean Jaurès »

par Yali MENG

Doctorante Chinoise en 4ième année de thèse,

dirigée par Messieurs Patrick CABANEL

Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes

et Yunshang XIAO

Professeur à l’Université des Etudes internationales de Shanghaï

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Dans un français parfait, Yali Meng nous a exposé sa rencontre avec Jean Jaurès lors des recherches menées pour sa thèse intitulée « Education Civique et Morale à l’Ecole Laïque en France des débuts de la troisième république à la veille de la première guerre mondiale ». Après une présentation des études sur Jean Jaurès et ses idées, vues de Chine, Yali Meng évoque la conception actuelle de l’éducation en Chine (toujours très liée au Marxisme) puis rappelle le contexte historique de l’école laïque en France.

L’intervenante s’interroge d’abord sur les principes républicains de l’éducation nationale concernant la question religieuse, la « neutralité selon Jaurès» et la mission première de l’école : apprendre aux enfants « la valeur supérieure de la conscience, de l’esprit et de la liberté » mais aussi élever « les raisons et les âmes pour qu’elles puissent se livrer selon leurs préférences à tel ou tel des courants religieux qui passent dans les hauteurs. Les croyances diverses seront alors comme autant de fleurs sacrées ayant leur racine commune dans une même liberté ».

Se pose ensuite la question de la morale à enseigner aux enfants. Alors que l’enseignement de la religion est confié aux ministres des cultes, les instituteurs s’occupent « des éléments de la science et de la morale ». C’est l’enseignement moral qui donne un sens et de la valeur à l’enseignement civique. Quelle morale est alors défendue par Jaurès ? Une morale laïque, humaine, fondée sur « la pure idée du devoir » et reliée à la justice pour tous.

Pour y parvenir les instituteurs doivent être « les libres serviteurs du devoir » et donner les raisons les plus hautes de l’enseignement moral : éviter de réduire « les prescriptions morales » aux « recettes d’utilité » et faire sentir aux enfants cet être d’idéal qui est l’homme lui-même. L’instituteur doit donc avoir l’esprit libre, conserver la probité et l’étendue de son propre esprit. L’enseignement ne doit être ni sectaire, ni tendancieux mais exigeant et méthodique reposant sur une méthode surtout positive et éviter de cacher aux enfants une partie des faits. L’instituteur doit être pénétré de tout ce qu’il enseigne pour parler aux enfants « des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine ».

Pour Jaurès, l’enfant est avant tout l’homme en devenir soit un être idéal. L’éducation forme l’enfant à la liberté, liberté de conscience et de pensée. Les citoyens émancipés constituent un facteur important de la démocratie sociale. Ainsi, les questions d’éducation, la question religieuse sont-elles une question sociale.

 

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