31 juillet 2018 : Commémoration de l’assassinat de Jean Jaurès.

 

A l’invitation de la municipalité de la ville de Toulouse, l’Association « Les Amis de Jean Jaurès à Toulouse » était bien présente à ce moment de mémoire.

Les mots de Monsieur le Maire et de Rémy PECH.

Le dépôt de gerbe avec Jonathan BARBIER et les amis présents.

UNE CEREMONIE DANS LE PLUS PUR ESPRIT JAURESIEN OU

FRATERNITE ET LIBERTE ETAIENT PORTEUSES D’UN ESPOIR DE PAIX.

Arrêt sur images : Café du 19 juin 2018

                

Les compagnons du Tour de France

                                           par François ICHER,
  inspecteur d’académie, chercheur associé au CNRS.

 

 

 

 

 

 

Notre intervenant présenté

par Dominique DOUCET

Trésorier adjoint de notre association.

 

 

Le compagnonnage , apparu à la fin du Moyen-Age , sujet méconnu du grand public , est le plus souvent associé , à tort, au 19° siècle .

Il s’agit d’un protocole basé sur le voyage . C’est par le voyage que le futur compagnon apprend le métier .

Souvent , le compagnonnage est lié à la franc maçonnerie; il s’agit d’une erreur provoquée par les symboles de l’équerre , du compas et des 3 points .

L’imagerie populaire représente le compagnon toujours âgé , officiant dans un atelier poussiéreux . L’un des premiers compagnons à avoir écrit sur ce sujet est Agricol Perdiguier , menuisier , ami de George Sand et de Victor Hugo .

Les pères fondateurs du compagnonnage sont le roi Salomon , représentant des puissants , le père Soubise , représentant des oratores et maître Jacques , tailleur de pierre , symbolisant les laboratores . C’est au Moyen-Age que se structurent des confréries axées sur une vie de voyages et organisées en 3 rangs : apprentis , compagnons et maîtres . Le  » livre des métiers  » de 1268 est une source de renseignements importante car il répertorie tous les métiers exercés à Paris à cette époque . On apprend aussi les règles essentielles du compagnonnage : l’apprentissage est payant ( la famille de l’apprenti paie le maître ) ; l’apprenti ne peut quitter le maître sans autorisation ; après son tour de France l’apprenti devient compagnon et perçoit des gages ; il doit présenter son chef d’œuvre .

Le principe du tour de France est : voyager pour apprendre .

Un coup de tonnerre retentit le 14 mars 1655 : l’église catholique condamne le compagnonnage . Procès verbaux , arrêts , ordonnances visent les compagnons . Toutefois si on surveille les compagnons, on les tolère .

La révolution de 1789 va susciter de grands espoirs chez les compagnons . Espoirs vite déçus car désormais il sera possible de s’installer à son compte en payant simplement une patente . La loi Le Chapelier va les combattre , le livret ouvrier va les ficher .La révolution industrielle va mettre à mal le compagnonnage: le train remplace la marche , l’usine remplace l’atelier , les outils changent , les métiers nouveaux ne sont pas des métiers du compagnonnage . . . Et apparaissent les premiers syndicats qui tendent à le ridiculiser . Mais survient un évènement qui va le remettre sut le devant de la scène : la construction de la Tour Eiffel qui nécessite l’expertise des compagnons .

Le compagnonnage est un laboratoire d’économie sociale . Les premières mutuelles naissent chez les compagnons . Pour un  » gros mot  » , pour un retard  les compagnons mettent une pièce dans le sabot et utilisent cet argent pour venir en aide à certains d’entre eux dans le besoin .

Pendant la 1° guerre mondiale de nombreux compagnons sont tués . Les SPA ( sociétés protectrices des apprentis ) vont relancer le compagnonnage après le conflit . Sous le régime de Vichy , Pétain tentera de l’instrumentaliser .

Aujourd’hui , les compagnons du tour de France , les compagnons du Devoir et la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment sont présents en France et en Europe .

Depuis novembre 2010 le compagnonnage est inscrit par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’ humanité .

A l’aube du 21° siècle le compagnonnage va devoir relever 2 défis majeurs , la mondialisation et l’acceptation ou non des femmes en son sein .

 

 

 

 

 

Un grand merci à notre invité de cette soirée.


Après un échange fourni entre la salle et l’intervenant la conférence prend fin .

 

Les Amis de Jean Jaurès de Toulouse dans le Ségala !

Samedi 5 mai :

notre voyage de fin d’année aux limites du Tarn et de l’Aveyron !

Un véritable groupe d’amis(es)

Notre guide et ami, Max Assié avec ses judicieuses et pertinentes informations et anecdotes !

Un auditoire attentif et studieux !

Le viaduc du Viaur

La chapelle de Las Planques et ses secrets …

Une balade d’étude et bucolique à la fois …

Une journée bien remplie avec un « déjeuner républicain »

et ses spécialités du terroir …

Un petit clin d’œil de « votre secrétaire » qui remercie

les participants  à cette sortie réussie grâce à eux.

Arrêt sur images : Café du 9 avril 2018

François-Vincent RASPAIL

un combattant républicain

                              par Jonathan BARBIER

Docteur en Histoire  et ATER à Sciences Politiques Toulouse

                                     

Jonathan présenté et assisté par Rémy Pech (président des AJJT)

             Lors de son évocation de François-Vincent Raspail , Jonathan Barbier a tenu à mettre en évidence l’action politique mais aussi scientifique de ce personnage qui fut à la fois l’incarnation et un héros de la République dans les années 1870 .

Dans l’apprentissage politique , il faut distinguer les années Carpentrassiennes .

Alors que François-Vincent n’a que 2 ans son père décède . Il laisse derrière lui une femme et ses 3 enfants dans le plus grand dénuement .

François-Vincent est envoyé dans des écoles destinées aux enfants des couches sociales les plus défavorisées . Son premier maître d’école , le père Dutrain , le traumatise .Sa mère ( Marie Laty ) décide alors de le confier à un abbé janséniste , Joseph-Siffrein-François Eysseric . Il semble que celui ci lui ait inculqué le premier des idées républicaines ; mais il lui enseigne surtout la botanique et l’agronomie . Il lui transmet des valeurs essentielles : la charité , une certaine forme d’ascétisme , une haine viscérale à l’encontre des jésuites .

Sa mère souhaiterait pour lui une carrière sacerdotale .

Raspail se cherche professionnellement et politiquement .

A 16 ans , en 1810 , il intègre le séminaire d’Avignon où il réussit brillamment . En 1812 il est nommé professeur de philosophie . Mais progressivement Raspail se politise et choisit pour ses cours des thèmes polémiques . En 1813 il quitte le séminaire , revient dans sa ville natale et est nommé professeur au collège de Carpentras . Raspail voue une profonde admiration à Napoléon pour son parcours , ses exploits militaires mais pas forcément pour ses idées politiques . A partir de 1813 il est un soutien de l’empereur plus qu’un bonapartiste . Mais après Waterloo c’est l’heure de la vengeance : des carpentrassiens royalistes assiègent la maison de Raspail . Condamné à mort par contumace il part pour Paris . Là , tout en travaillant comme précepteur dans des institutions prestigieuses mais légitimistes , il collabore pour un journal aux opinions libérales , » La Minerve Française  » de Benjamin Constant .

Raspail est initié à 2 loges maçonniques . De 1818 à 1820 il se lance dans des études de droit , puis s’inscrit à la faculté des sciences de Paris .

A partir de 1825 il dépose ses premiers mémoires de chimie et de biologie à l’Académie des sciences . Il faudra attendre la Monarchie de Juillet pour que le travail de Raspail soit reconnu .

En juillet 1830 il participe à l’agitation révolutionnaire . Mais combat-il pour l’avènement de la République ? Difficile à dire . Mais en 1831 il entre en opposition avec le pouvoir orléaniste en prenant une part active dans la direction de 2 sociétés ,  » la société des amis du peuple  » et  » la société des droits de l’homme  » . Il y rencontre Auguste Blanqui et le capitaine de Kersausie. Dans les années 1830 il crèe le journal républicain  » le réformateur « . Politiquement , c’est dans ce journal que la pensée républicaine de Raspail apparaît de façon explicite et cohérente . La vie du journal , jugé subversif par le pouvoir orléaniste , sera de courte durée .

Entre 1836 et 1848 l’activité politique de Raspail ralentit . Il se consacre à l’étude des sciences . Dans les années 1840 un mythe naît autour de lui; il est surnommé le médecin du peuple .Février 1848 , la révolution est de retour . A la demande des citoyens parisiens il aurait proclamé la seconde république depuis l’hôtel de ville . Il publie un nouveau journal ,  » l’ami du peuple  » en 1848 . Elu à l’Assemblée nationale en 1848 , il ne pourra pas siéger et sera même incarcéré pour avoir participé à une manifestation . En prison il continue à faire de la politique . Napoléon iii commue la peine de prison en exil . Raspail part pour la Belgique ; il ne reviendra en France qu’en 1862 .

Il effectue un retour en politique à la fin du second empire en se présentant aux élections législatives de 1869 . Battu dans la Seine , il est vainqueur à Lyon . Malgré son âge il rédige des projets de loi . Accusé d’avoir fait l’apologie du communard Charles Delescluzes , Raspail est condamné à 1 an de détention . L’opinion publique est révoltée , Raspail est un vieillard de 80 ans ! Il est perçu comme un martyr , comme un lutteur infatigable de la cause républicaine .

Sorti de prison en 1875 il se présente aux élections législatives à Marseille et est élu ; il le sera à nouveau en 1877 .

Très fatigué , il est emporté par une pneumonie le 7 janvier 1878 .

Aucun lien ne semble relier Raspail à Jaurès . L’apôtre de la paix n’évoque à aucun moment dans ses textes le médecin social.

Mais bien que la figure de Jaurès ait pris le dessus sur celle de Raspail ce dernier n’est pas totalement oublié .

La soirée se termine avec les questions posées par les personnes présentes, une soirée bien appréciée par tous et toutes...

François-Vincent Raspail : un combattant républicain. par Jonathan Barbier

Café Jaurès Lundi 9 avril 2018 à 18h00

Espace des Diversités – 38, rue d’Aubuisson – Toulouse

                                                                                                   Entrée libre et gratuite

 

« François-Vincent Raspail :

un combattant républicain »

 

                                                                                                                                                                                                           par Jonathan BARBIER

Docteur en histoire – ATER en histoire à Sciences-Po Toulouse

Membre du Conseil d’Administration de notre association


Raspail, un nom qui évoque la toponymie des boulevards et des stations de métro en France. Mais qui se cache derrière la plaque de rue ? François-Vincent Raspail (1794-1878) est à la fois un chimiste et un homme politique. Il se passionne pour la théorie cellulaire, donne des consultations médicales gratuites à ses patients les plus démunis, joue le rôle d’expert judiciaire lors de procès retentissants comme l’affaire Lafarge et surtout combat physiquement et intellectuellement les monarchistes de la Restauration jusqu’à la Troisième République. Véritable touche-à-tout, Raspail s’est toujours efforcé à conjuguer ses deux facettes de savant et de républicain. À tel point que ses travaux sur la théorie cellulaire ont eu une influence notable dans l’élaboration de ses doctrines politiques. Prisonnier politique pendant dix ans, révolutionnaire en juillet 1830 et en février 1848, premier candidat socialiste à une élection présidentielle en décembre 1848, exilé républicain sous le Second Empire, doyen de l’Assemblée nationale en 1876, Raspail est devenu, pour ses contemporains, l’incarnation d’une République combattante et scientifique.

Contact : « Les Amis de Jean Jaurès à Toulouse »

38 bis, avenue de Courrège – 31400 – Toulouse

 06.42.62.65.73. – Courriel : rene.lloret@free.fr 

 

Arrêt sur images : Café Jaurès du 7 mars 2018

 

                JAURES et GUESDE

« convergences et confrontations, d’une rencontre à Toulouse aux congrès internationaux« .

                                       par Jean – Numa  DUCANGE
                   Maître de conférences en Histoire contemporaine

                                                    à l’Université de Rouen

                                         Directeur de la revue Actuel Marx

 

Après la présentation de Jean-Numa Ducange par le Président de l’association Rémy Pech, le conférencier aborde les idées de Jules Guesde et Jean Jaurès, revenant sur quelques uns des enjeux de leurs échanges.

Ils ont été adversaires dans le camp socialiste sur des questions clefs. Mais malgré leurs divergences, de nombreux militants et électeurs socialistes leur accordaient leur confiance.

Jules Guesde et Jean Jaurès ont fondé ensemble, en 1905, l’ancêtre du PS, la SFIO.

            Il faut se souvenir que Jules Guesde est né en 1845. Lors de la guerre de 1870 et de la Commune, c’est déjà un agitateur politique.

Lors des évènements de la Commune, il vit à Montpellier. Il doit s’exiler, d’abord en Suisse. Il revient ensuite en France , puis part en Italie .

Il est à l’origine du premier parti ouvrier Français .En 1880 , ce parti doit se doter d’un programme ; Guesde discute du contenu de ce programme directement avec Marx .

Jean Jaurès est plus jeune ( né en 1859 ) . Fin 1880 il devient socialiste  . Dans le Tarn , il est au contact direct des ouvriers grévistes ; la réalité sociale s’impose à lui .

En mars 1892 , à Toulouse , Guesde et Jaurès se rencontrent . L’année suivante , pour la première fois , une cinquantaine de candidats socialistes sont vainqueurs aux élections législatives . Jules Guesde reste qualifié de  » Prussien  » en raison de ses amitiés avec des Allemands . Il se défend en rappelant sa trajectoire nationaliste et patriotique .

C’est en 1900 qu’a lieu la confrontation à l’hippodrome de Lille . Chacun expose sa pensée : l’affaire Dreyfus est une ligne de clivage , la question de l’alliance avec les autres partis politiques en est une autre .

En ce qui concerne l’affaire Dreyfus , Guesde est d’abord d’accord avec la position d’Emile Zola . Puis il recule et considère qu’il ne faut pas soutenir Dreyfus car c’est un militaire ; et les militaires ont tiré sur les communards !

Jaurès , lui , pense qu’il faut soutenir Dreyfus parce que sa condamnation est une injustice , qu’elle est motivée par l’antisémitisme .

Dans le même temps ,le gouvernement Waldeck-Rousseau est constitué ; il s’agit d’un gouvernement d’union large . Un socialiste modéré , Alexandre Millerand , devient ministre de l’économie et du commerce . Jaurès est favorable à l’alliance et à l’action de Millerand .Guesde , lui , considère cela comme une trahison .

Les divergences , voire les divisions sont nombreuses entre les 2 hommes : sur la religion , la laïcité , la franc maçonnerie , le syndicalisme , les coopératives . . .

Pourtant , en mai 1905 , Jaurès et Guesde se retrouvent à Paris pour créer le parti socialiste . L’aspiration à l’unité est donc la plus forte, d’autant plus que les 2 hommes y gagnent : dans les formules , Guesde semble avoir gagné ; mais entre 1905 et1914 c’est Jaurès qui devient la grande figure du socialisme Français .

Après l’assassinat de Jaurès le 31 juillet 1914 , le 4 août , Guesde vote l’union sacrée et les crédits de guerre . Fin août il accepte même de devenir ministre .

Guesde ne sera pas un martyr, Jaurès oui !

                                 

 

« Jaurès et Guesde : convergences et confrontations « 

Prochain Café Jaurès :

mercredi 7 mars 2018 – 18 heures

Espace des Diversités – 38, rue d’Aubuisson – Toulouse

Entrée libre et gratuite

Jean-Numa DUCANGE
Maître de conférences en histoire contemporaine
à l’Université de Rouen
Directeur de la revue Actuel Marx.
Spécialiste de la social-démocratie allemande et plus largement des socialismes aux XIX et XXème siècles, il a publié divers ouvrages, dont un recueil de textes de Jaurès, au livre de poche, 2014 et tout récemment une biographie de Jules Guesde (Colin, 2017).

« Jaurès et Guesde : convergences et confrontations
d’une rencontre à
Toulouse aux congrès internationaux ».

Jaurès et Guesde ont fondé ensemble l’ancêtre du Parti socialiste, la SFIO, en 1905. Ils ont été des adversaires dans le camp socialiste sur des questions clefs (rapport au pouvoir, à la République, à la lutte des classes, question des lois sociales, question coloniale…) qui constituent des lignes de clivages fondatrices pour qui veut
comprendre la gauche françaises. Leurs premiers échanges à Toulouse en 1892 sont suivis par d’âpres confrontations et débats nationaux et internationaux dont un des moments clefs fut le congrès… de Toulouse (encore !) en 1908. Malgré leurs divergences beaucoup de militants et d’électeurs socialistes leur accordaient leur confiance.
Notre conférence reviendra sur quelques-uns des enjeux fondamentaux de leurs échanges et leur postérité. Retrouver les débats Guesde-Jaurès c’est revenir sur ce qui a fondé l’identité du socialisme français dans sa diversité.

 

On vous y attend nombreux …

Arrêt sur images : Café Jaurès du 6 février 2018


File:Alfred Dreyfus (1859-1935).jpg

 Jaurès et l’affaire Dreyfus

par  Jacques   CANTIER

Professeur  d’Histoire  contemporaine

Université  Jean  JAURES  DE  TOULOUSE

 

C’est devant une nombreuse assistance que Rémy PECH , Président de l’Association , présente Jacques CANTIER et le thème que celui ci développera au cours de son intervention .

    En introduction , Jacques Cantier souligne le rôle extrêmement important joué par les intellectuels dans l’affaire Dreyfus .

Les intellectuels engagés existaient avant cette affaire ( Voltaire , Lamartine . . . ) mais quelque chose va changer à ce moment là . Clémenceau souligne leur regroupement ; et leur engagement va connaître un écho particulier grâce à une nouvelle presse .

                        De l’affaire d’espionnage au débat intellectuel

                       L’affaire dreyfus débute en 1894 . A l’ambassade allemande à Paris des documents stratégiques ont été transmis par un officier français . Une enquête est ouverte , elle s’oriente vers un présumé coupable , le capitaine Alfred Dreyfus . La presse se déchaîne ( « La libre parole » , journaliste antisémite en particulier ) . Politiques et militaires souhaitent tourner la page rapidement . Mais le dossier est fragile et par crainte d’un acquittement de Dreyfus un dossier secret comportant des faux est transmis aux juges militaires .

Dreyfus est condamné et déporté sur l’île du diable , en Guyane .

Le journaliste Bernard Lazare , mandaté par la famille du condamné , devient le premier Dreyfusard . Il va convaincre des personnages influents tels que Lucien Herr , Charles Péguy  de l’innocence de Dreyfus .

A l’automne 1897 l’affaire commence à susciter les passions . Gabriel Monod , historien , auteur de la lettre ouverte au journal « Le Temps » , se rallie à la cause de Dreyfus . Emile Zola , déjà reconnu comme un grand écrivain en fait autant . Fin 1897 il publie quelques articles dans « Le Figaro » puis dans « l’Aurore » . Le vrai coupable ,Ferdinand Walsin Esterhazy , comparait devant le Conseil de Guerre mais est acquitté . Zola veut alors relancer l’affaire et publie dans « l’Aurore » la fameuse lettre ouverte au Président Félix Faure : J’accuse !

                      Le moment Jaurès

                    En 1894 , le premier réflexe de Jaurès est plutôt antidreyfusard . Il tarde à se lancer dans l’affaire par prudence à l’égard des socialistes . En 1898 , enfin , il se range aux côtés de Zola , publie plusieurs articles , fait un grand discours à la Chambre . Il devient alors une cible pour la droite . Il sera d’ailleurs battu aux élections de 1898 . Il redevient alors Homme de Lettres et publie sur l’affaire « Les Preuves ».

Le deuxième procès Dreyfus est délocalisé ; il se tient à Rennes . Mais il suscite toujours autant de passions : pour preuve , l’attentat perpétré contre l’avocat de Dreyfus , maître Labori .

Dreyfus est gracié par le Président de la République Emile Loubet .

Mais la grâce n’est pas la réhabilitation. Jaurès intervient à la Chambre en 1903 .

En 1906 , Dreyfus est réintégré dans l’armée et réhabilité .

Il est mis fin à cette conférence après un échange entre Jacques Cantier et les personnes présentes dans la salle .

Cette affaire est souvent considérée comme le symbole moderne et universel de l’iniquité au nom de la raison d’état et reste l’un des exemples les plus marquants d’une erreur judiciaire difficilement réparée , avec un rôle majeur joué par la presse et l’opinion publique .

Arrêt sur images : Café Jaurès du 15 janvier 2018

      « Jaurès et le Ségala »

par Max Assié

Conseiller pédagogique retraité

Ancien Maire de Tanus (Tarn)

Secrétaire de la Société des Sciences Arts et Belles-Lettres du Tarn

 

Après la présentation du conférencier par notre président Rémy Pech , Max Assié a tenu à rappeler , en introduction , ce qu’était le Ségala : une terre à seigle qui s’étend à l’ouest de l’Aveyron et au nord du Tarn .

Sur ces terres du Ségala s’étendait la circonscription électorale de Jaurès , 2° circonscription d’Albi constituée par 5 cantons : le canton de Carmaux ( mi-rural , mi-industriel ) et 4 cantons exclusivement ruraux , Monestiés , Pampelonne , Valence d’Albigeois et Valderiès . Ces 4 cantons ruraux étaient peuplés de petits exploitants agricoles aux revenus insuffisants qui devaient aller chercher un complément de ressources en se faisant , par exemple embaucher aux mines de Carmaux . Cette population était très chrétienne et religieuse .

Jean Jaurès rencontre fréquemment la population de ces cantons ruraux , pendant les campagnes électorales , lors des compte-rendu de mandat et des foires mensuelles . Il tient des réunions publiques dans les villages et celles-ci donnent lieu , parfois ,à des confrontations musclées avec les hommes de son principal opposant le marquis de Solages .

Jean Jaurès a été 7 fois candidat aux élections législatives : janvier 1893 , août 1893 , 1898 , 1902 , 1906 , 1910 et 1914 .

Seul le canton de Valderiès ne lui a jamais donné la majorité . Sauf en 1898 Jaurès a toujours été majoritaire à Carmaux . Mais il a été minoritaire à plusieurs reprises dans les 4 cantons ruraux ( 1893 , 1906 et 1° tour de 1910) .

La campagne électorale est toujours très animée , parfois violente : bataille rangée à coups de parapluies à Mirandol en 1898 , tocsin et concert de casseroles , toujours en 1898 , bagarres entre « Jauressistes  » et  » marquisards  » en 1902 ou jets d’œufs couvés en 1906 .

Lors du 5° congrès national de la SFIO ( Toulouse , du 15 au 18 octobre 1908 ) Jean Jaurès a résumé à la tribune le contexte très difficile dans lequel se déroulaient ses déplacements en milieu rural dans le Ségala :

 » Lorsque je vais sur ces chemins et que je suis assailli , matériellement assailli , non par les huées , mais par les bâtons , par les pierres , par les embuscades qui me guettent derrière les haies et derrière les buissons d’où surgissent tout à coup des figures sauvages , lorsque je suis guetté par les gens de la mine , par les gens du château , par les gens du presbytère . . .  »

Après la traditionnelle séquence questions – réponses entre le public et le conférencier la soirée est close .

un homme une histoire