Arrêt sur images : Café Jaurès du 6 février 2018


File:Alfred Dreyfus (1859-1935).jpg

 Jaurès et l’affaire Dreyfus

par  Jacques   CANTIER

Professeur  d’Histoire  contemporaine

Université  Jean  JAURES  DE  TOULOUSE

 

C’est devant une nombreuse assistance que Rémy PECH , Président de l’Association , présente Jacques CANTIER et le thème que celui ci développera au cours de son intervention .

    En introduction , Jacques Cantier souligne le rôle extrêmement important joué par les intellectuels dans l’affaire Dreyfus .

Les intellectuels engagés existaient avant cette affaire ( Voltaire , Lamartine . . . ) mais quelque chose va changer à ce moment là . Clémenceau souligne leur regroupement ; et leur engagement va connaître un écho particulier grâce à une nouvelle presse .

                        De l’affaire d’espionnage au débat intellectuel

                       L’affaire dreyfus débute en 1894 . A l’ambassade allemande à Paris des documents stratégiques ont été transmis par un officier français . Une enquête est ouverte , elle s’oriente vers un présumé coupable , le capitaine Alfred Dreyfus . La presse se déchaîne ( « La libre parole » , journaliste antisémite en particulier ) . Politiques et militaires souhaitent tourner la page rapidement . Mais le dossier est fragile et par crainte d’un acquittement de Dreyfus un dossier secret comportant des faux est transmis aux juges militaires .

Dreyfus est condamné et déporté sur l’île du diable , en Guyane .

Le journaliste Bernard Lazare , mandaté par la famille du condamné , devient le premier Dreyfusard . Il va convaincre des personnages influents tels que Lucien Herr , Charles Péguy  de l’innocence de Dreyfus .

A l’automne 1897 l’affaire commence à susciter les passions . Gabriel Monod , historien , auteur de la lettre ouverte au journal « Le Temps » , se rallie à la cause de Dreyfus . Emile Zola , déjà reconnu comme un grand écrivain en fait autant . Fin 1897 il publie quelques articles dans « Le Figaro » puis dans « l’Aurore » . Le vrai coupable ,Ferdinand Walsin Esterhazy , comparait devant le Conseil de Guerre mais est acquitté . Zola veut alors relancer l’affaire et publie dans « l’Aurore » la fameuse lettre ouverte au Président Félix Faure : J’accuse !

                      Le moment Jaurès

                    En 1894 , le premier réflexe de Jaurès est plutôt antidreyfusard . Il tarde à se lancer dans l’affaire par prudence à l’égard des socialistes . En 1898 , enfin , il se range aux côtés de Zola , publie plusieurs articles , fait un grand discours à la Chambre . Il devient alors une cible pour la droite . Il sera d’ailleurs battu aux élections de 1898 . Il redevient alors Homme de Lettres et publie sur l’affaire « Les Preuves ».

Le deuxième procès Dreyfus est délocalisé ; il se tient à Rennes . Mais il suscite toujours autant de passions : pour preuve , l’attentat perpétré contre l’avocat de Dreyfus , maître Labori .

Dreyfus est gracié par le Président de la République Emile Loubet .

Mais la grâce n’est pas la réhabilitation. Jaurès intervient à la Chambre en 1903 .

En 1906 , Dreyfus est réintégré dans l’armée et réhabilité .

Il est mis fin à cette conférence après un échange entre Jacques Cantier et les personnes présentes dans la salle .

Cette affaire est souvent considérée comme le symbole moderne et universel de l’iniquité au nom de la raison d’état et reste l’un des exemples les plus marquants d’une erreur judiciaire difficilement réparée , avec un rôle majeur joué par la presse et l’opinion publique .