Arrêt sur images : Café du 9 avril 2018

François-Vincent RASPAIL

un combattant républicain

                              par Jonathan BARBIER

Docteur en Histoire  et ATER à Sciences Politiques Toulouse

                                     

Jonathan présenté et assisté par Rémy Pech (président des AJJT)

             Lors de son évocation de François-Vincent Raspail , Jonathan Barbier a tenu à mettre en évidence l’action politique mais aussi scientifique de ce personnage qui fut à la fois l’incarnation et un héros de la République dans les années 1870 .

Dans l’apprentissage politique , il faut distinguer les années Carpentrassiennes .

Alors que François-Vincent n’a que 2 ans son père décède . Il laisse derrière lui une femme et ses 3 enfants dans le plus grand dénuement .

François-Vincent est envoyé dans des écoles destinées aux enfants des couches sociales les plus défavorisées . Son premier maître d’école , le père Dutrain , le traumatise .Sa mère ( Marie Laty ) décide alors de le confier à un abbé janséniste , Joseph-Siffrein-François Eysseric . Il semble que celui ci lui ait inculqué le premier des idées républicaines ; mais il lui enseigne surtout la botanique et l’agronomie . Il lui transmet des valeurs essentielles : la charité , une certaine forme d’ascétisme , une haine viscérale à l’encontre des jésuites .

Sa mère souhaiterait pour lui une carrière sacerdotale .

Raspail se cherche professionnellement et politiquement .

A 16 ans , en 1810 , il intègre le séminaire d’Avignon où il réussit brillamment . En 1812 il est nommé professeur de philosophie . Mais progressivement Raspail se politise et choisit pour ses cours des thèmes polémiques . En 1813 il quitte le séminaire , revient dans sa ville natale et est nommé professeur au collège de Carpentras . Raspail voue une profonde admiration à Napoléon pour son parcours , ses exploits militaires mais pas forcément pour ses idées politiques . A partir de 1813 il est un soutien de l’empereur plus qu’un bonapartiste . Mais après Waterloo c’est l’heure de la vengeance : des carpentrassiens royalistes assiègent la maison de Raspail . Condamné à mort par contumace il part pour Paris . Là , tout en travaillant comme précepteur dans des institutions prestigieuses mais légitimistes , il collabore pour un journal aux opinions libérales , » La Minerve Française  » de Benjamin Constant .

Raspail est initié à 2 loges maçonniques . De 1818 à 1820 il se lance dans des études de droit , puis s’inscrit à la faculté des sciences de Paris .

A partir de 1825 il dépose ses premiers mémoires de chimie et de biologie à l’Académie des sciences . Il faudra attendre la Monarchie de Juillet pour que le travail de Raspail soit reconnu .

En juillet 1830 il participe à l’agitation révolutionnaire . Mais combat-il pour l’avènement de la République ? Difficile à dire . Mais en 1831 il entre en opposition avec le pouvoir orléaniste en prenant une part active dans la direction de 2 sociétés ,  » la société des amis du peuple  » et  » la société des droits de l’homme  » . Il y rencontre Auguste Blanqui et le capitaine de Kersausie. Dans les années 1830 il crèe le journal républicain  » le réformateur « . Politiquement , c’est dans ce journal que la pensée républicaine de Raspail apparaît de façon explicite et cohérente . La vie du journal , jugé subversif par le pouvoir orléaniste , sera de courte durée .

Entre 1836 et 1848 l’activité politique de Raspail ralentit . Il se consacre à l’étude des sciences . Dans les années 1840 un mythe naît autour de lui; il est surnommé le médecin du peuple .Février 1848 , la révolution est de retour . A la demande des citoyens parisiens il aurait proclamé la seconde république depuis l’hôtel de ville . Il publie un nouveau journal ,  » l’ami du peuple  » en 1848 . Elu à l’Assemblée nationale en 1848 , il ne pourra pas siéger et sera même incarcéré pour avoir participé à une manifestation . En prison il continue à faire de la politique . Napoléon iii commue la peine de prison en exil . Raspail part pour la Belgique ; il ne reviendra en France qu’en 1862 .

Il effectue un retour en politique à la fin du second empire en se présentant aux élections législatives de 1869 . Battu dans la Seine , il est vainqueur à Lyon . Malgré son âge il rédige des projets de loi . Accusé d’avoir fait l’apologie du communard Charles Delescluzes , Raspail est condamné à 1 an de détention . L’opinion publique est révoltée , Raspail est un vieillard de 80 ans ! Il est perçu comme un martyr , comme un lutteur infatigable de la cause républicaine .

Sorti de prison en 1875 il se présente aux élections législatives à Marseille et est élu ; il le sera à nouveau en 1877 .

Très fatigué , il est emporté par une pneumonie le 7 janvier 1878 .

Aucun lien ne semble relier Raspail à Jaurès . L’apôtre de la paix n’évoque à aucun moment dans ses textes le médecin social.

Mais bien que la figure de Jaurès ait pris le dessus sur celle de Raspail ce dernier n’est pas totalement oublié .

La soirée se termine avec les questions posées par les personnes présentes, une soirée bien appréciée par tous et toutes...

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