Arrêt sur images : Café Jaurès du 7 mars 2018

 

                JAURES et GUESDE

« convergences et confrontations, d’une rencontre à Toulouse aux congrès internationaux« .

                                       par Jean – Numa  DUCANGE
                   Maître de conférences en Histoire contemporaine

                                                    à l’Université de Rouen

                                         Directeur de la revue Actuel Marx

 

Après la présentation de Jean-Numa Ducange par le Président de l’association Rémy Pech, le conférencier aborde les idées de Jules Guesde et Jean Jaurès, revenant sur quelques uns des enjeux de leurs échanges.

Ils ont été adversaires dans le camp socialiste sur des questions clefs. Mais malgré leurs divergences, de nombreux militants et électeurs socialistes leur accordaient leur confiance.

Jules Guesde et Jean Jaurès ont fondé ensemble, en 1905, l’ancêtre du PS, la SFIO.

            Il faut se souvenir que Jules Guesde est né en 1845. Lors de la guerre de 1870 et de la Commune, c’est déjà un agitateur politique.

Lors des évènements de la Commune, il vit à Montpellier. Il doit s’exiler, d’abord en Suisse. Il revient ensuite en France , puis part en Italie .

Il est à l’origine du premier parti ouvrier Français .En 1880 , ce parti doit se doter d’un programme ; Guesde discute du contenu de ce programme directement avec Marx .

Jean Jaurès est plus jeune ( né en 1859 ) . Fin 1880 il devient socialiste  . Dans le Tarn , il est au contact direct des ouvriers grévistes ; la réalité sociale s’impose à lui .

En mars 1892 , à Toulouse , Guesde et Jaurès se rencontrent . L’année suivante , pour la première fois , une cinquantaine de candidats socialistes sont vainqueurs aux élections législatives . Jules Guesde reste qualifié de  » Prussien  » en raison de ses amitiés avec des Allemands . Il se défend en rappelant sa trajectoire nationaliste et patriotique .

C’est en 1900 qu’a lieu la confrontation à l’hippodrome de Lille . Chacun expose sa pensée : l’affaire Dreyfus est une ligne de clivage , la question de l’alliance avec les autres partis politiques en est une autre .

En ce qui concerne l’affaire Dreyfus , Guesde est d’abord d’accord avec la position d’Emile Zola . Puis il recule et considère qu’il ne faut pas soutenir Dreyfus car c’est un militaire ; et les militaires ont tiré sur les communards !

Jaurès , lui , pense qu’il faut soutenir Dreyfus parce que sa condamnation est une injustice , qu’elle est motivée par l’antisémitisme .

Dans le même temps ,le gouvernement Waldeck-Rousseau est constitué ; il s’agit d’un gouvernement d’union large . Un socialiste modéré , Alexandre Millerand , devient ministre de l’économie et du commerce . Jaurès est favorable à l’alliance et à l’action de Millerand .Guesde , lui , considère cela comme une trahison .

Les divergences , voire les divisions sont nombreuses entre les 2 hommes : sur la religion , la laïcité , la franc maçonnerie , le syndicalisme , les coopératives . . .

Pourtant , en mai 1905 , Jaurès et Guesde se retrouvent à Paris pour créer le parti socialiste . L’aspiration à l’unité est donc la plus forte, d’autant plus que les 2 hommes y gagnent : dans les formules , Guesde semble avoir gagné ; mais entre 1905 et1914 c’est Jaurès qui devient la grande figure du socialisme Français .

Après l’assassinat de Jaurès le 31 juillet 1914 , le 4 août , Guesde vote l’union sacrée et les crédits de guerre . Fin août il accepte même de devenir ministre .

Guesde ne sera pas un martyr, Jaurès oui !

                                 

 

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