Regards du pays toulousain sur l’histoire de la Grande Guerre

Toulouse, Espace Diversités & Laïcité, rue d’Aubuisson,

Samedi 20 octobre, de 15 à 19 heures

Cette manifestation est animée par Rémy Cazals, professeur émérite à l’université de Toulouse Jean Jaurès. Elle est le résultat d’une initiative commune de deux associations : les Amis de Jean Jaurès à Toulouse et les Amis des Archives départementales de la Haute-Garonne. Elle a reçu le label de la Mission nationale du Centenaire, représentée sur place par Antoine Prost, président de son conseil scientifique, par Rémy Cazals, membre de ce conseil et par Alexandre Lafon (ancien étudiant de l’université Jean Jaurès), conseiller pédagogique et historique auprès du directeur général, Joseph Zimet (lui-même attaché à la région puisque né à Arfons dans la Montagne Noire).
Le pays toulousain est considéré comme englobant Toulouse et la Haute-Garonne avec quelques extensions vers les départements limitrophes. S’il n’est pas possible de signaler toutes les initiatives prises sur ce territoire pendant la période du Centenaire, celles qui vont être présentées ici sont nombreuses et variées.

La une de La Dépêche du 1er août 1914 annonce deux nouvelles : l’assassinat de Jean Jaurès, qui écrivait dans le quotidien toulousain depuis 1887, et la mobilisation. Le premier jour de la mobilisation générale est le dimanche 2 août. L’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août.
Dans notre présentation, la place du témoignage des contemporains est tellement importante qu’elle occupe deux parties :
1. Le livre du tonnelier Barthas
2. Collecte, publication, analyse des témoignages
Viennent ensuite :
3. La recherche universitaire
4. Pédagogie, animations

1ère partie : Le livre du tonnelier Barthas

Louis Barthas était tonnelier à Peyriac-Minervois (Aude) et ses camarades de régiment vivaient, comme il l’écrit lui-même, sur les bords de l’Aude et de la Garonne. La photo suivante représente la section du sous-lieutenant Coll du 280e régiment d’infanterie devant les ruines de la brasserie de Vermelles en Artois. On distingue Barthas vers le fond, et des soldats décrits dans son livre, comme Maisonnave, au premier rang, veste déboutonnée. Cette photo appartient au fonds Hudelle découvert par une étudiante toulousaine et déposé aux Archives de l’Aude.

Le texte de Barthas décrit tous les aspects de la vie dans les tranchées. Il constitue un bon répertoire des diverses formes de trêves tacites et de fraternisations. Il montre aussi toute l’horreur de la guerre. Les titres donnés à ses cahiers sont clairs : « le charnier de Lorette », « l’enfer de Verdun », « dans la boue sanglante de la Somme », etc. Décrire les moments de « laisser vivre » entre ennemis ne signifie pas qu’on nie la violence des combats.

Rappelons que Louis Barthas était un simple caporal, un artisan de village, seulement titulaire du certificat d’études primaires, militant socialiste. Son texte a été publié en 1978 par François Maspero et a eu immédiatement un extraordinaire succès. Son talent naturel, sans artifices, a été reconnu, par exemple, par François Mitterrand à qui les socialistes audois avaient offert l’ouvrage : « Ah, les Carnets de Louis Barthas ! Ce livre a une haute valeur historique, et aussi c’est une véritable œuvre littéraire. »
En 2018, le livre de Barthas a atteint un tirage total de 150 mille exemplaires, incluant l’édition en format de poche et les traductions en anglais, en espagnol et en néerlandais ; il a reçu un excellent accueil du New York Times, et de journaux espagnols de premier plan comme El Païs.

Le texte de Barthas a été exploité à la télévision (série Arte en 2014), dans la chanson (Marcel Amont), au théâtre (Philippe Orgebin), dans la BD (ci-dessous Louis Barthas vu par Kris et Maël).

Il a été largement utilisé dans les manuels scolaires de collège et de lycée. Par exemple, ci-dessous, dans un manuel de troisième des années 1980.

(à suivre)…

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